1908- 1996
C’est au 88 de la rue Saint-Denis que
l’Hôpital Saint-Luc ouvre ses portes, le 25
avril 1908. En fait, le 88 Saint-Denis était une
maison privée que l’on a convertie en dispensaire.
L’hôpital étant situé dans le quartier le
plus pauvre de Montréal, le fondateur, le Dr F.-A.
Fleury, décida de s’impliquer dans le traitement des
enfants démunis. Il s’entoura alors de ses
collègues les Drs Maillet, Globensky et Duhamel pour
créer ce qui a longtemps été vu comme une
institution de charité. En effet, l’Hôpital
Saint-Luc s’était donné pour mission
d’accepter, sans aucune discrimination, toute personne
requérant des soins. De nombreux dons, en
médicaments, lunettes ou autres, étaient
fréquemment faits aux patients de la part de la Corporation
de l’Hôpital Saint-Luc. Le Dr P.-Z.
Rhéaume a été le tout premier directeur
scientifique de l’établissement.
L’acte de fondation de l’Hôpital Saint-Luc en
fait le premier établissement à avoir connu une
direction administrative exclusivement laïque,
démontrant que le processus de laïcisation était
bien amorcé. Dès le début de son existence,
l’hôpital crée des liens étroits avec les
autorités publiques. En 1912, les
responsables demandent la participation de la Ville de
Montréal pour défrayer le salaire des dentistes.
Durant les années de Grande Noirceur suivant le crash
boursier de 1929, des ententes assurent
qu’un certain nombre de lits puissent être constamment
à la disposition des
« vagabonds » malades recueillis par la police et des
marins, canadiens et étrangers, du Port de Montréal.
En échange, la ville et le gouvernement du Canada versent un
certain montant pour chaque consultation ou hospitalisation. Ces
nouveaux modes de coopération ont été les
précurseurs des régimes universels
d’accès aux soins médicaux.
L’Hôpital Saint-Luc a notamment été le
premier à offrir des services d’urgence 24 heures sans
discrimination ethnique, linguistique ou religieuse. Les champs de
spécialisation privilégiés par les fondateurs
ont été l’oto-rhino-laryngologie,
l’ophtalmologie, la dentisterie et la clinique
antivénérienne, faisant foi de leurs
préoccupations communautaires.
Avec les années, les besoins d’hospitalisation sont
toutefois devenus de plus en plus criants. En 1928
est inauguré le Petit hôpital, faisant passer la
capacité d’accueil de 9 à 89 lits. Ce ne fut,
par la suite, qu’un enchaînement
d’agrandissements successifs, permettant à
l’Hôpital Saint-Luc d’offrir un total de 814
lits. En 1945 a été inaugurée
la première résidence des infirmières alors
que la deuxième l’a été en
1959. Ces deux résidences sont par la suite
devenues respectivement le pavillon Roland-Buck en
1974 et le pavillon Édouard-Asselin en
1968.
Entre 1928 et 1970, 1 270 infirmières
sont diplômées de l’École
d’infirmières affiliée à
l’Hôpital Saint-Luc.
Le 1er octobre 1996,
l’Hôpital Saint-Luc a signé le protocole
d’entente qui le rattache au Centre hospitalier de
l’Université de Montréal et fait de lui un des
trois hôpitaux du CHUM.