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COMPRENDRE L’ANÉVRISME
L’aorte est une artère majeure qui part du coeur vers
l’abdomen pour distribuer le sang dans tout
l’organisme. L’anévrisme, un gonflement anormal
d’un segment de l’aorte, est causé la plupart du
temps par des dépôts de plaques de cholestérol
ou par la perte d’élasticité de la paroi
aortique. Il se développe surtout chez des hommes de plus de
60 ans, très souvent hypertendus et présentant un
taux de cholestérol élevé. À partir
d’un diamètre de plus de 5 cm, le risque de rupture de
l’anévrisme, qui peut être fatal, devient
significatif. La prévention de la rupture se fait soit par
une chirurgie ouverte qui consiste à remplacer la portion
anévrismale de l’aorte, soit par l’installation
d’une prothèse endovasculaire (option moins invasive)
pour exclure l’anévrisme de la circulation sanguine.
L’analyse des images radiologiques de
l’anévrisme à traiter est donc
stratégique pour orienter les actions cliniques.
FACILITER L’AIDE AU DIAGNOSTIC
Actuellement, les radiologues obtiennent par angioscanner des
images 3D de l’ensemble de la région où se
situe l’anévrisme sans pouvoir isoler
précisément le segment de l’anévrisme
qui les intéresse. Il en résulte plusieurs centaines
d’images de l’aorte qu’ils doivent parcourir
patiemment pour ensuite les interpréter avec une part
inévitable de subjectivité. Le Dr Gilles Soulez,
directeur de la plateforme imagerie du CRCHUM, a travaillé
conjointement avec Claude Kauffmann et Jacques de Guise du CRCHUM
pour développer le puissant logiciel A3Dmax qui est capable
de traiter et d’analyser toutes les images obtenues à
partir des scanners en un temps record, avec une finesse encore
inégalée jusqu’ici. « Avec ce logiciel,
un simple technicien en radiologie pourra désormais mesurer
le diamètre et le volume de l’anévrisme avec
une précision égale, voire même
supérieure, aux évaluations subjectives que faisaient
les meilleurs radiologistes auparavant ! » constate le Dr
Soulez.
DISPOSER D’IMAGES ANATOMIQUES NOUVELLES
La polyvalence d’A3Dmax ouvre des perspectives totalement
nouvelles en fournissant des données quantitatives
très détaillées sur le volume de
l’aorte, sur la lumière interne du vaisseau aortique
et sur les caillots qui se forment en périphérie de
l’anévrisme. Toutes ces informations
stratégiques, impossibles à obtenir jusqu’ici,
pourront donc faciliter considérablement les prises de
décisions précédant l’installation
chirurgicale notamment par la possibilité de
générer de nouvelles données sur la
progression et la déformation de la paroi de
l’anévrisme avant, pendant et après
l’intervention.
Le modèle 3D de l’anévrisme, obtenu
grâce à cette technologie, permettra aussi de
faciliter le choix des dimensions de l’endoprothèse
qui doit être adaptée à l’anatomie de
l’anévrisme. Finalement, cette technologie permettra
aussi de projeter le modèle 3D de l’anévrisme,
tel que visualisé au scanner dans la salle
d’angiographie pendant la pose de
l’endoprothèse. Cela devrait faciliter sa mise en
place tout en permettant d’analyser l’impact de la
technologie sur la prise en charge pré, per et
post-opératoire des patients porteurs d’un
anévrisme de l’aorte abdominale.
COLLABORER À L’ESSOR MONDIAL D’UNE JEUNE
ENTREPRISE QUÉBÉCOISE
Ce logiciel breveté sera commercialisé par Object
Research Systems (ORS), une jeune entreprise de Montréal qui
a développé une plateforme de visualisation 3D et 4D
beaucoup plus performante que celles de ses concurrents. Ainsi, ce
projet, qui a reçu un financement important du
ministère du Développement économique, de
l’Innovation et de l’Exportation du Québec,
donner à une entreprise locale l’occasion de faire
valoir ses talents dans un secteur de pointe. ORS validera la
technologie et fera les ajustements requis pour l’adapter sur
la plateforme de visualisation de la compagnie Siemens, la
référence mondiale en technologies de visualisation
et d’intervention en angiographie.
« La collaboration avec le CRCHUM nous permet de nous
associer avec un gros joueur comme Siemens pour développer
la prochaine génération de la technologie de
visualisation des anévrismes, nous donnant ainsi
accès à de très grands marchés
mondiaux. C’est un élan majeur qui nous permet de
court-circuiter les étapes et de nous propulser rapidement
dans la cour des grands ! » s’exclame avec enthousiasme
Éric Fournier, vice-président exécutif
d’ORS. Fier et confiant de pouvoir livrer à Siemens la
technologie « clé en mains », il conclut :
« Les chercheurs ont besoin de résultats rigoureux,
fiables et obtenus dans les meilleurs délais. Quant à
nous, nous disposons d’une souplesse d’opération
inégalée grâce à la convivialité
de nos plateformes technologiques aptes à développer
rapidement les prototypes dont ils ont besoin. Alors, il
s’agit d’une alliance formidablement gagnante à
la fois pour les chercheurs, pour notre entreprise et pour les
patients ! ».

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