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En 2007, le SIDA a tué 2,1 millions de personnes sur les 33
millions de personnes atteintes dans le monde, parmi lesquelles on
compte 330 000 enfants de moins de 15 ans. Au Canada, 55 000
personnes sont infectées. S’il n’est pas
traité, le VIH détruit complètement le
système immunitaire de 99 % des personnes
séropositives dans un horizon de sept à huit ans en
moyenne. Toutefois,un fier bataillon de 1 % de résistants
arrive à combattre naturellement ce virus, sans aucun
traitement ni médicament. Comment expliquer ce
mystère ?
UN MODÈLE VIVANT DE RÉUSSITE
C’est ce que cherche à élucider la Dre
Cécile Tremblay, chercheure au CRCHUM et titulaire de la
Chaire de recherche Pfizer sur le VIH/SIDA de
l’Université de Montréal. Elle dirige une vaste
recherche pancanadienne(1) sur le groupe très restreint de
personnes qualifiées de
« progresseurs lents » en raison de leur
étonnante capacité à ralentir
l’évolution de la maladie sur de très longues
périodes. Et ce, sans potion magique d’aucun druide
!
Alors où est le secret ? Comment fonctionnent les
mécanismes de défense virale de ces personnes ?
Qu’est-ce qui explique l’efficacité
stupéfiante de leur réponse immunitaire ? Quelle
sorte d’anticorps développent-ils pour neutraliser
systématiquement l’infection ? Y a-t-il des
corrélations entre le type de virus et la nature des
réactions biologiques naturelles ? Tout au cours de
l’étude d’une durée de cinq ans, la
recherche vise à établir des liens entre
l’évolution du système immunitaire de ces
progresseurs lents et leurs caractéristiques cliniques,
démographiques, sociales et comportementales. Toutes ces
questions permettront peut-être d’en apprendre plus sur
la remarquable performance immunitaire des stratégies de
défense développées par une personne
infectée sur cent. « Cela nous permettra
peut-être d’identifier des éléments
inédits pour un éventuel vaccin ou encore de
découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques »
espère la Dre Tremblay.
UNE RESSOURCE PRÉCIEUSE
Les progresseurs lents étant très rares, la Dre
Tremblay est reconnaissante d’avoir pu compter sur la
collaboration de plusieurs co-chercheurs cliniciens, au
Québec et dans l’ensemble du Ca-nada, afin de
regrouper un nombre suffisant de participants à
l’étude. « C’est vraiment un effort
collectif où tous les chercheurs collaborent à un
objectif commun dans un esprit de collégialité
», reconnaît-elle. Les personnes ayant accepté
de participer à l’étude ont donné leur
accord pour que des prélèvements soient
effectués à tous les six mois pendant la durée
de l’étude et que des données soient
recueillies notamment sur le fonctionnement du système
immunitaire, l’évolution du virus, l’analyse du
génome, la progression clinique et les habitudes de vie.
« Tous ces participants sont des partenaires de premier plan
et on ne soulignera jamais assez l’importance fondamentale de
leur contribution pour faire avancer nos connaissances »
insiste la Dre Tremblay. Les échantillons
prélevés seront conservés dans une banque de
spécimen qui pourra être utilisée pour des
projets de recherche fondamentale sur la progression clinique du
VIH, entre autres.
UNE HISTOIRE À SUIVRE
Arrivera-t-on bientôt à déjouer la
résistance des diverses formes de virus du SIDA ? Tous les
chercheurs à l’oeuvre dans la recherche sur les
progresseurs lents y croient et ont consenti des efforts
considérables pour lever le voile sur le mystère de
ces combattants naturels qui résistent aux attaques
répétées d’une re-doutable artillerie de
virus ? Le projet mené par la Dre Tremblay est maintenant en
cours et les prochains mois verront des découvertes
intéressantes.
1 Cette recherche bénéficiera d’une subvention
des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour un
montant de près d’un million de dollars
répartis sur cinq ans

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