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Volume 1 - numéro 4, novembre 2009

 
Archives À propos de Recherche CRCHUM
 
  Dre Cécile Tremblay
 

Le SIDA et le mystère des progresseurs lents

Même s’il n’existe pas encore de cure pour le SIDA, des bonds considérables au cours des vingt dernières années ont fait qu’il est possible d’améliorer la qualité de vie des patients traités avec les nouveaux médicaments antirétroviraux. Or, le virus continue de faire des victimes.


En 2007, le SIDA a tué 2,1 millions de personnes sur les 33 millions de personnes atteintes dans le monde, parmi lesquelles on compte 330 000 enfants de moins de 15 ans. Au Canada, 55 000 personnes sont infectées. S’il n’est pas traité, le VIH détruit complètement le système immunitaire de 99 % des personnes séropositives dans un horizon de sept à huit ans en moyenne. Toutefois,un fier bataillon de 1 % de résistants arrive à combattre naturellement ce virus, sans aucun traitement ni médicament. Comment expliquer ce mystère ?

UN MODÈLE VIVANT DE RÉUSSITE

C’est ce que cherche à élucider la Dre Cécile Tremblay, chercheure au CRCHUM et titulaire de la Chaire de recherche Pfizer sur le VIH/SIDA de l’Université de Montréal. Elle dirige une vaste recherche pancanadienne(1) sur le groupe très restreint de personnes qualifiées de
« progresseurs lents » en raison de leur étonnante capacité à ralentir l’évolution de la maladie sur de très longues périodes. Et ce, sans potion magique d’aucun druide !

Alors où est le secret ? Comment fonctionnent les mécanismes de défense virale de ces personnes ? Qu’est-ce qui explique l’efficacité stupéfiante de leur réponse immunitaire ? Quelle sorte d’anticorps développent-ils pour neutraliser systématiquement l’infection ? Y a-t-il des corrélations entre le type de virus et la nature des réactions biologiques naturelles ? Tout au cours de l’étude d’une durée de cinq ans, la recherche vise à établir des liens entre l’évolution du système immunitaire de ces progresseurs lents et leurs caractéristiques cliniques, démographiques, sociales et comportementales. Toutes ces questions permettront peut-être d’en apprendre plus sur la remarquable performance immunitaire des stratégies de défense développées par une personne infectée sur cent. « Cela nous permettra peut-être d’identifier des éléments inédits pour un éventuel vaccin ou encore de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques » espère la Dre Tremblay.

UNE RESSOURCE PRÉCIEUSE

Les progresseurs lents étant très rares, la Dre Tremblay est reconnaissante d’avoir pu compter sur la collaboration de plusieurs co-chercheurs cliniciens, au Québec et dans l’ensemble du Ca-nada, afin de regrouper un nombre suffisant de participants à l’étude. « C’est vraiment un effort collectif où tous les chercheurs collaborent à un objectif commun dans un esprit de collégialité », reconnaît-elle. Les personnes ayant accepté de participer à l’étude ont donné leur accord pour que des prélèvements soient effectués à tous les six mois pendant la durée de l’étude et que des données soient recueillies notamment sur le fonctionnement du système immunitaire, l’évolution du virus, l’analyse du génome, la progression clinique et les habitudes de vie. « Tous ces participants sont des partenaires de premier plan et on ne soulignera jamais assez l’importance fondamentale de leur contribution pour faire avancer nos connaissances » insiste la Dre Tremblay. Les échantillons prélevés seront conservés dans une banque de spécimen qui pourra être utilisée pour des projets de recherche fondamentale sur la progression clinique du VIH, entre autres.

UNE HISTOIRE À SUIVRE 

Arrivera-t-on bientôt à déjouer la résistance des diverses formes de virus du SIDA ? Tous les chercheurs à l’oeuvre dans la recherche sur les progresseurs lents y croient et ont consenti des efforts considérables pour lever le voile sur le mystère de ces combattants naturels qui résistent aux attaques répétées d’une re-doutable artillerie de virus ? Le projet mené par la Dre Tremblay est maintenant en cours et les prochains mois verront des découvertes intéressantes.


1 Cette recherche bénéficiera d’une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour un montant de près d’un million de dollars répartis sur cinq ans


 

  

 

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